(31) - "Transhumance en Australie avec les Dubeauf" ...

Après "Flèche Brûlée chez les Atlantes", nous voici désormais à transhumer en Australie, aux côtés de Monsieur et Madame Dubeauf ... En effet, durant l'été 2003, j'ai fait la connaissance de Pierre, un cow-bow australien, mais de père français, ce qui explique son prénom non "anglo-fashion". Cow-boy qui m'a néanmoins raconté une histoire à tomber sur le cul. Car, pour ne pas changer nous abordions très vite un grand classique, entre cow-boys : le sujet des transhumances. Or personnellement, en possédant 300 chèvres, c'était - et c'est toujours - un gros problème pour canaliser ces petits ruminants pour le moins indisciplinés. Et, notamment, lorsqu'il s'agit de les emmener sur les routes, sachant que, de part et d'autre, ces routes sont bordées de cultures autrement appétissantes que ce que les collines peuvent malgré tout généreusement leur offrir, à longueur d'année. Je précise au passage que, depuis le contrôle de la surface des parcelles effectivement mise en culture par le biais des photographies depuis des satellittes, les agriculteurs sont contraints à rogner sur les bordures des champs, à faire péter les haies, etc., tout cela pour ne pas être pénalisés, lorsqu'ils déclarent en toute bonne foi "un hectare" de céréales, mais que, vu depuis un satellite, la surface mise en culture ne comporte "que" 0,9999 ha ! Ce sont ces putains de primes à la production qui tuent la vie dans les campagnes et j'ai pris cet exemple pour montrer que les champs modernes n'ont plus la physionomie de ceux de naguère, avec leurs fossés, leurs talus, leurs haies, ce qui rendait nos transhumances plus faciles ... Et pour revenir au sujet de ce présent article, mon cow-boy australien souriait, narquois, lorsque j'évoquais mes difficultés à contenir les chèvres ... Parce que lui, lorsqu'il emmenait un troupeau de bovins en transhumance, il était l'unique et seul cavalier, aidé d'un seul chien - de type berger basque - pour ... DEUX MILLE têtes de bétail !!! Je croyais rêver en l'écoutant parler ! Et, du moins, je croyais qu'il voulait m'en conter, or, certains l'auront compris, moi en matière de troupeaux ... Eh bien, en fait, je croyais tout savoir ... Mais cet été-là, le Pierre en question - l'Australien - m'en boucha un coin ! Il m'expliqua, en effet, comment un tel "tour de force"... N'en était pas un : car, en vérité, en Australie, lorsque les vaches ont toutes fait leur bébé, on attend bien entendu qu'ils aient quelques mois, puis on les sépare brusquement, tous ensemble, de leurs mères. On les amène dans des parcs éloignés des vaches adultes et alors, on fait venir un mec "spécialisé". Le mec en question, c'est un éleveur de chiens et même mieux que ça : un dresseur de chiens. Or sa particularité, c'est qu'il se déplace en camion et, de préférence un GROS camion, du genre "semi-remorque", parce que dans ce camion, il emporte environ 400 chiens. Et il paraît qu'il se fait payer très cher, le bonhomme, parce que, pendant plusieurs heures (ou jours ?) il terrorise les veaux, lesquels, étant privés du secours de leur mère, ne savent donc pas réagir en face de ces chiens que le mec qui se fait payer très cher leur balance à tout bout de champ au cul !!! Paniqués, les veaux fuient alors en tous sens et les chiens les mordent et aucune vache n'est présente, qui réagirait violemment, ce qui inciterait les bébés à en faire autant, parce qu'ils sont déjà beaucoup plus gros que les chiens ... Et, bien-sûr, ces derniers essuient des coups de sabot, des tuades et certains en meurent, ce qui explique que le type se fasse payer si cher ... Toutefois, au bout du compte, les veaux "apprennent" à avoir peur des chiens, tout comme nos propres bambins, que l'on envoie de plus en plus tôt à l'école, apprennent à obéir aux enseignants ; ils sont conditionnés à craindre leurs "supérieurs", voilà pourquoi nos "politiques" tiennent-ils tellement à cette "école de la république", parce que ce qui importe, c'est de formater des individus dociles et malléables, du style de Monsieur et Madame Dubeauf. Mais non du style "Flèche Brûlée"; heu, si vous avez un peu suivi le film depuis le début, vous devriez comprendre de quoi il en retourne ! N'est-ce pas ?...
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