"Le Sacrifice et Dieu"
Depuis des temps immémoriaux, l'aurochs, puis le taureau (aurochs domestiqué) est l'animal du sacrifice par excellence. C'était vrai chez les Égyptiens du temps des pharaons, mais également, encore
aujourd'hui dans toute l'Afrique pastorale. Je note qu'en Eurasie, des Scythes aux Mongols, le "boeuf" a occupé et occupe souvent encore une place non négligeable. Et chez les Indiens des Grandes
Plaines, ce fut alors le bison, autre "aurochs" sauvage. Un tel "succès" peut s'expliquer par le fait qu'une une fois abattu, un tel animal nourrit un clan tout entier, contrairement à un bouc ou
encore un ovin. Ainsi les Hébreux du temps de Moïse étaient-ils méprisés par les Égyptiens des bordures du Nil, pour ce que ces derniers étaient éleveurs de bovins ... Ces mêmes Égyptiens qui
avaient établi le rite suivant : lorsque un nouveau pharaon accédait au pouvoir, il devait être capable de terrasser un (jeune) taureau à mains nues, preuve de sa puissance. Preuve, également de sa
virilité, de sa fécondité. Le pharaon, en effet, représentait le "guide suprême", à ce titre, il devenait le géniteur de tout un peuple et ce, non pas tant au plan sexuel, qu'au plan spirituel.
L'abondance, la fécondité et, par extension, la domination furent symbolisées par la corne d'un taureau et cette symbolique a perduré jusque dans la couronne que les princes ou les rois arboraient,
pour signifier leur puissance. Il est intéressant de noter, selon Pierre Cordelier, ex-chroniqueur en taureaumachie sur RMC, que la consonne hébraïque "aleph" symbolise une tête de taureau, alors
qu'elle apparaît en tête de leur alphabet et signifie "origine", mais également "vie", par extension. Ainsi, si dans le sud de l'Europe dite "chrétienne", les rituels relatifs au taureau ont pris
une importance proche du "sacré", c'est, d'une part à cause de la présence mythique des descendants de l'aurochs ombrageux, mais, d'autre part à cause de ces propos pour le moins controversés du
prophète Jésus, qui, la veille de sa mort, rompit le pain et le partagea entre ses disciples en disant : "Voici mon corps ...", ensuite, tendant la coupe emplie de vin : "Voici mon sang ...". Ce
que les religions se réclamant du Christ (= celui qui est oint) se sont empressées de récupérer en une "eucharistie" absolument débile, le dimanche à la messe, comme en des "corridas" où le
scandale règne, souvent le dimanche, du reste et notamment à Pâques, comme à l'occasion de toute autre fête religieuse. C'est parce qu'en vérité, eucharistie et corrida sont intimement liées, les
"chrétiens" affirmant faire remonter le sacrifice (rédempteur) de leur dieu Jésus ... Au sacrifice qu'Abrahâm aurait du accomplir en son temps, en immolant son "fils unique" Is'hac et ceci est un
mensonge de vouloir rapprocher ces deux gestes. En effet, par le mot "corps", lorsque Jésus prit le pain, le rompit ... Je note qu'en hébreux, on emploie le mot "pain" pour signifier "nourriture" ;
or, c'est bien Jésus qui avait enseigné que l'homme ne vivra pas que de "pain", donc de "nourriture terrestre", mais également "de toute parole" sortie de sa bouche, ce qui sous-entendait que qui
se "nourrirait" de ses paroles accéderait alors à la "vie éternelle"... Ainsi, je dis que l'eucharistie des religions est une vaste blague, parce que Jésus, en "partageant son corps" voulait
signifier de livrer son enseignement et j'imagine que cela fut réalisé d'une façon assez pathétique, puisque lui-même savait qu'il allait être livré, puis condamné au supplice de la croix. Supplice
que le centurion ou soldat romain abrégea, du reste, d'un coup de lance dans le coeur - merci à lui - sans quoi le supplicié agonise durant près d'une (longue) semaine ... Ceci pour dire que
l'image du pain pris pour le "corps du Christ" n'a lieu d'être qu'au seul et unique niveau symbolique du "corps" signifiant son enseignement. C'est, du reste, exactement le même sens que je retiens
dans le Bon Livre (Révélation dite d'Arès, XLV, 12) lorsqu'il est dit ceci : "La Taure entre dans la cuisse", à savoir que la taure, ou le taureau, symbolise l'origine, la puissance originelle de
vie, soit "Dieu". Or si Dieu entre dans la cuisse, cela signifie qu'il féconde l'humanité par sa Parole, plus que par tout autre "opération du Saint Esprit", pour reprendre ici une expression
caractéristique d'un christianisme pour le moins obscur. Or nous avons vu plus haut combien l'acte de dominer un taureau était révélateur de la puissance du nouveau pharaon mais l'actuelle "corrida
chrétienne" prend quant à elle ses sources dans une autre forme d'affrontement avec l'animal, quoique les deux se rejoignent, en définitive. À l'origine de la "corrida", il y avait les (nobles)
chevaliers du Moyen-Âge désireux de montrer leur bravoure et qui, par pure sympathie peut-être pour les villageois qu'ils entendaient protéger, prenaient en chasse les aurochs sauvages trop
belliqueux, lorsque ces derniers se rapprochaient des habitations. Ils les chargeaient au moyen de leur lance, du haut de leur cheval et ... Rivalisaient d'adresse, histoire d'humilier, outre la
bête sauvage, le chevalier voisin. Ainsi cela devint un jeu, organisé cette fois avec des toros domestiques. Ce qui suscita en contrepartie des élevages dédiés à l'obtention de bêtes de plus en
plus hargneuses, mais "nobles" également, c'est à dire des "toros de combat" acceptant de revenir inlassablement à la charge, chose que la bête sauvage ne réalise pas. Le spectacle est né et le
"matador", celui qui "mate le toro" est ainsi, à l'origine, un cavalier muni d'un "rejon", ce que l'on retrouve dans les "corridas à cheval", avec ou sans "mise à mort". Et, dans ces dernières,
dites "corridas portugaises", le toro est bien arrêté à mains nues, mais non par un seul homme, mais par cinq "forcados". À l'opposé, si je puis m'exprimer ainsi, la "corrida à pied" a vu émerger
le "triomphe" des hommes du Peuples, ou peones, lesquels matent au final la bête avec une épée plantée au niveau du garrot. Or, pour ce faire, il est nécessaire que le toro charge "tête basse", ce
qui est obtenu grâce au concours d'un cavalier, devenu cette fois subalterne, donc "cavalier déchu" qui a pour triste rôle celui de la "pique". Cet instrument dérive directement de la "garrocha",
longue pique de 6 mètres avec laquelle les éleveurs "ganaderos"(*) écartent les toros pour les trier, mais la pique utilisée dans la corrida à pied est, elle, conçue pour mutiler profondément
l'animal en lui sectionnant les tendons et autres ligaments destinés à relever la tête. C'est alors que le "boucher" mata-toro entre en piste et peut ... Sacrifier l'animal, car c'est ainsi qu'il
faut l'entendre : plus qu'un travail de boucher, c'est à un rituel de prêtre auquel l'on assiste, lors d'une corrida "espagnole". Ceci me permet de revenir maintenant au "sacrifice d'Is'hac" que le
vieil Abrahâm eut à contre coeur perpétré, si Dieu ne lui avait inspiré au dernier moment de ne surtout pas toucher à l'enfant, mais de sacrifier un ovin, empêtré dans un buisson, à proximité. Il
me semble important de rappeler deux choses, concernant cet acte (odieux à nos yeux) qui fut demandé au nomade Abrahâm : en tout premier lieu, il semblerait d'après des historiens, que le sacrifice
du premier enfant était un us courant, en ces temps reculés - il y a près de 4000 ans. Certes, officiellement, Is'hac était "le fils unique" d'Abrahâm, mais ceci, en vérité, n'est que le fruit du
judaïsme, car avant que Saraï devenue Sara ne lui donne un fils, Abrâm avait eu Ishmaél de la servante de sa femme, sur les conseils de cette dernière. Ainsi, contrairement à ce que les chrétiens
veulent bien prétendre, au sujet de l'analogie supposée entre le sacrifice d'Is'hac et celui du Christ Jésus, Abrahâm a eu deux fils. Du temps de ce "patriarche" (mais en était-ce un ? Je rappelle
que les sociétés de nomades, à l'origine, étaient "matriarcales") de tels sacrifices étaient habituels et Dieu s'interposa néanmoins. Ce ne sera que plus tard, sous Moïse, que le meurtre sera élevé
au rang de crime : "tu ne tueras point", ce qui met clairement en évidence que le prétendu "sacrifice" de Jésus le prophète, est à imputer non pas à Dieu, mais aux pouvoirs religieux de l'époque.
Confère à ce sujet ce que fit l'Inquisition quelques siècles plus tard ... Et pour clore momentanément le chapitre avec les sacrifices de bestiaux, je note que du temps de Moïse, étaient lapidés
par le peuple les taureaux devenus trop agressifs envers les humains. Certes, il s'agissait à n'en pas douter, d'une mesure de sagesse prise vis à vis des humains, mais de telle mesure sont issues
des lignées qui ne savent désormais plus lutter pour assurer leur survie. Pour ma part, j'ai fait le choix de sélectionner des reproducteurs qui soient le plus "agressifs" possible : ainsi, les
animaux que j'élève luttent-ils également pour survivre dans les conditions les plus dures et c'est ce qui se produit dans les ganaderias andalouses, où l'on sélectionne chez les futures mères,
lors des "tientas", les caractères spécifiques aux bêtes de combat ... Autres temps, autres sacrifices, donc autres sélections ... Pas forcément néfastes pour la race en question. Car, je rappelle
que c'est bien à force d'avoir voulu sélectionner des reproducteurs toujours plus dociles, que l'élevage est devenu "intensif", avec toutes les dérives que cela entraîne, du point de vue de
l'alimentation du bétail, comme de son abattage ! Or, ici, contrairement à cette messe publique qu'est devenue la "corrida", les bêtes sont transportées et parquées des jours et des jours durant,
non plus, cette fois, sous le contrôle de la foule, mais dans le secret d'officines où quelques journalistes qui ont voulu "enquêter"... L'ont payé de leur vie, faut-il le rappeler ? Autres temps,
autres moeurs. Autres types de sacrifice, où Dieu n'a pas grand'chose à voir. Pas davantage que dans celui de Jésus, mais, à vouloir trop parler sur ce thème ... Ne risqué-je pas ma peau ??? Amen !
(*) déformation andalouse du mot provençal "manadié", hérité du temps où les "nomades" conduisaient d'une main (= manual gere), leur train de bêtes de somme, accrochées à la queue le leu (= "à la
queue le loup" en vieux fr.)
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