FLÈCHE BRÛLÉE ET LE POST-ÉLEVAGE

Je précise pour qui n'a encore jamais entendu parler de moi que le nom de Flèche Brûlée Mais Non Pas Consumée m'a été donné courant janvier 1998 par ÉLÈONORE TECUMSEH SIOUI, chamane et mère spirituelle du Peuple amérindien Huron. A cette époque, j'éprouvais un besoin impératif de me dépouiller de tout ce qui n'avait pas trait directement à ma quête. Laquelle, viscéralement, me conduisait à creuser toujours plus profondément dans le Temps comme dans nos connaissances, afin de découvrir le Vrai, le Juste ... En quelque sorte cet Absolu qui sommeille comme un aigle malade tout au fond de chacune et de chacun d'entre nous ... Ainsi, du fait de mes nombreuses lectures relatives à la Préhistoire, j'ai longtemps cru bon devoir emprunter à André Leroy Gourhan (L'homme du renne, 1936) le terme de "proto-élevage" concernant mon activité pastorale. Car, très tôt, depuis l'âge de 11 ans, j'ai eu le privilège de découvrir les bienfaits d'une forme d'élevage livré aux seuls alea climatiques, sur les hauts plateaux du sud du Vercors, dans le milieu des années 1970. Et je me suis vite aperçu de visu, gardien de troupeaux que j'étais (à 20F/ j nourri-logé), combien des animaux qui sortaient souffreteux, voire malades des bergeries provençales, se rétablissaient - et de quelle manière ! - au bout de quelques semaines néanmoins passées dans un environnement réputé "hostile". Je rappelle que l'été en alpage, les conditions sont le plus souvent rigoureuses : glace la nuit, pluies incessantes, parfois la neige ... Et pourtant, les animaux vivent sans le moindre abri dura t 3 ou 4 mois d'affilée, jour et nuit dehors. IL M'EST AINSI VENU A L'ESPRIT QUE LA SÉLECTION NATURELLE EST LE MEILLEUR MODELE D'ÉLEVAGE. Or, peut-on encore parler d'élevage ??? Dès lors que c'est la Nature et elle seule qui opère et que la part de l'humain se limite à protéger de son mieux ses bêtes des prédateurs ? Ayant acquis les 43 chèvres qui furent à l'origine de mon actuel troupeau le 7 MAI 1989, je me suis très vite décidé à les laisser vivre le plus ... Sauvagement possible et, du moins, le plus nnaturellement. La dernière fois que j'ai usé d'un antibiotique, c'était en avril 1992. Pendant 20 ans, j'ai évité l'emploi de vermifuges, comme de grain, voire d'aliments plus douteux encore. Actuellement livrées à elles-mêmes en pleine colline, mes chèvres parcourent des kilomètres chaque jour (plus de 5 000 km/ an) dans leur quête d'une nourriture non seulement très variée (près de 130 végétaux différents sur une année), mais encore tonique (puisqu'elle est elle-même livrée à la sélection naturelle) et donc ultra-saine. Mais des millénaires d'élevage se sont intercalées entre les premiers Caprins (Markhor) domestiqués peu à peu dans l'Himalaya occidental et ces chèvres (dites "du Rove") que je parasite depuis une vingtaine d'années, ainsi je crois qu'il est plus juste que je me définisse comme un post-éleveur ! Le Post-élevage est donc né ... Avis aux amatrices comme aux amateurs.
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :