(37) "Parce qu'il y a ... Amis et amis ..."

Chaque 26 août, je m'approche de mon petit âne - Titane - avec une certaine circonspection ... En effet, le samedi 26 août 2006, alors que je lui présentais son seau rempli d'eau afin qu'il se désaltère, lui, abaissant brusquement son museau ... Me happa le poignet à plein bec, de telle sorte que ses "crochets" (canines) s'enfoncent profondément dans mes chairs ... Jusqu'à me fêler l'os ... Or, malgré mes hurlements de douleur et de rage, les coups que je tentais de lui asséner, de ma main droite restée libre ... Lui, conscient de ce qu'il me tenaillait fermement, plutôt que de lâcher prise ... Se dressa sur moi, afin de m'écraser de tout son poids ! Je me trouvais perdu au milieu des bois crissants de cigales, une chaleur étouffante en tout début d'après-midi ... Mon sang giclait généreusement au niveau de la gueule serrée avec la puissance d'un étau ... Je me voyais m'évanouir sous ce mâle "entier" déchaîné et grondant ... Par chance, quelques mois plus tôt, j'avais perdu mon joli couteau pliant, de telle sorte qu'à la foire de Salon, fin mai, je m'étais décidé à racheter un couteau de chasse, livré dans son étui que l'on accroche à la ceinture ... Par chance - encore - j'avais tendu le seau à l'âne du bras gauche, de telle sorte que mon bras droite - je suis droitier - se trouvait libre. Or, mon couteau neuf pendait à ma ceinture, du côté droit, ce qui est peu habituel chez moi ... Me sentant donc "partir", mon réflexe fut alors de dégainer mon arme et de frapper le museau de Titane avec ... Mais l'autre me tenait fermement et il savait que s'il lâchait, la partie serait fichue pour lui ! Il tenait ses longues oreilles plaquées le long de son cou et la pointe du couteau enfoncée dans sa gueule ne lui fit pas plus d'effet que ça ... Conscient qu'il devenait urgent de me défaire de son emprise, je décidais de frapper un deuxième coup : alors je frappais juste sous son oeil ! Mais ce fut peine perdue : la pointe de mon couteau ne percuta que de l'os ... Un os d'âne dur comme de la pierre ... Je vacillais alors, parce que l'âne continuait de serrer et ses crochets pénétraient de plus en plus profondément ... La douleur devenait insupportable : je me voyais mourir ... C'est alors que je me décidais pour un ultiime coup, histoire de tenter le tout pour le tout, parce que Flèche Brûlée, il se rend pas comme ça !!! J'enfonçais le couteau cette fois loin de la tête, si dure ... J'enfonçais mon poignard profondément dans son cou ... Or, cette fois - enfin ! - Titane me lâcha brusquement. Aussi brusquement, en somme, qu'il m'avait attrappé ... Mon sang giclait de toute part, je me précipitais néanmoins en me roulant comme je le pus sur le côté, histoire de me retrouver cette fois hors d'atteinte de mon petit âne ... Que j'avais acheté quelques mois plus tôt, précisément pour lui éviter de partir à l'abattoir ... Car, vu qu'il "mordait", son maître ne savait plus que faire avec un animal pareil ... Or, jusque-là, je dois dire que je m'en étais bien sorti avec mon ami Titane : j'avais misé sur la douceur, en effet, pour le dompter, en quelque sorte et ça avait fonctionné à merveille ! Jusqu'à ce jour de la fin août 2006 ... [Un jour en "8", du reste, puisque 26 = 2 + 6 = 8, août = 8 et 2006 = 8 également ... Or il se trouve que j'ai le nombre 8 pour nombre de destinée ... Cf à ce sujet la page du présent blog intitulée : "changer de nom"]. À cette époque, n'en ayant pas encore suffisament vu dans la vie, je me promenais dans la colline sans Baume du Commandeur ... Un "produit miracle", que le père de mon père, infirmier durant la Grande Guerre, avait utilisé pour soigner les poilus ... Ce qui explique que nous utilisions toujours ce médicament, vraisemblablement hérité du fond des âges, puis mis à l'honneur durant notre Moyen-Âge par les chevaliers du Temple ... Par malheur, je ne disposais pas d'un tel produit sur moi et je me rinçais comme je le pouvais avec des restes d'eau de pluie. Je fis alors appel à un ami, pour qu'il m'emmène cueillir des fleurs de mauve, excellent produit désinfectant, puis cicatrisant, mais l'ami en question ne voulut rien entendre et il me déposa chez son beau-frére ... Médecin urgentiste ... Je fus alors soigné à la bétadine, produit qui a repris la couleur du Baume du Commandeur, certes, mais qui n'en a - malheureusement - ni les propriétés, ni même l'odeur, si délicieuse, du reste ! Je précise qu'on trouve la composition de ce Baume sur internet et qu'il est possible de se le procurer à "pas cher" dans unee pharmacie de village. En revanche, en ville, on vous le commande depuis je ne sais où, plutôt que vous le fabriquer sur place, de telle sorte qu'au lieu de 6 euros, un petit flacon va vous en coûter 30 !!! Or pour revenir à la bétadine, ce produit chimique EST NUL, ARCHI-NUL ! Le lendemain matin, ma main avait gonflé ... Telle un joli gant de boxe, ce qui n'est pour autant pas vraiment pratique, notamment pour s'attacher les cheveux le matin au lever ... Ou se lacer les chaussures : je veux parler ici des souliers de marche ... Ainsi, je devais attendre sur le bord de la piste que quelqu'un passe le matin, pour lui demander, poliment, s'il - ou elle - accepterait ... De m'attacher les cheveux et me lacer les chaussures ! Et ce, d'autant que, d'heure en heure, mon avant-bras, puis ensuite tout mon bras devenait tout gonflé. Je précise ici que j'avais été recousu, contre ma volonté, parce qu'en défiinitive, les germes pathogènes sont "anaérobie", ce qui signifie en français dans le texte que l'oxygène les tue. Mais j'avais été gratuitement pris en charge par des personnes on ne peut plus charitables : loin de moi de les critiquer elles. Ce que je veux dénoncer ici, ce sont les méthodes de soin "industrielles", parce qu'il me fallait évidemment prendre des ... Antibiotiques ... Chose que je me suis refusé de faire ! J'ai tenu ainsi 4 jours. Il faisait trés chaud, comme souvent à la fin août ; en plus de garder mon troupeau, marcher de longues heures durant ... J'ai mes chiens à soigner, les chevaux, l'âne ... Le tout avec un bras en moins et un corps fiévreux ... Donc, dés le samedi 26 au soir, j'ai fait savoir à une amie dont je savais qu'elle venait de rentrer de vacances ... Que je n'allais pas bien ... Que j'avais besoin d'aide ... Je précise à toutes fins utiles que l'amie en question était venue monter à cheval (gratuitement) autant de fois qu'elle l'avait souhaité, depuis plus de deux années ... Mais bon ... Comme le dit le proverbe : "c'est dans le besoin que l'on reconnaît ses amis "... Mlle L. mit ainsi plusieurs jours avant de pouvoir se libérer -enfin - quelques petites heures ... Je dois dire que je fus assez surpris et même choqué par tant "d'empressement" à me venir en aide ... Or, depuis cette mésaventure (qui a duré plus de 70 jours !), Mlle L. a compris qu'elle pouvait aller monter à cheval ailleurs ... Là où on paye un tant de l'heure, mais où on ne vous emmerde pas, le jour où ... Choqué par l'attitude de Mlle L., jeune fille néanmoins charmante, je me décidais le mardi 29 au soir à envoyer un petit SMS de détresse ... À quelque 40 amis - et, du moins, supposés tels - que je m'étais fait depuis mon arrivée dans la région aixoise à la fin février 2004. Naïf, j'informais dans mon SMS que j'allais très mal, que je ne m'alimentais plus, du fait de cette infection qui mobilisait toute l'eau de mon corps ... (À toutes fins utiles, je précise ici en apparte que je ne pouvais même plus band...) J'avais un besoin urgent de fruits, des fruits frais en "salade" ! Voici ce que je sentais que je pourrais avaler ... D'autant qu'avec mon "hémochromatose" - dont j'ignorais l'existence à cette époque - mon foie était saturé de fer, donc inopérant, d'où mon extrême état de faiblesse ! Je devais en effet m'allonger tous les cinquante mètres en gardant les chèvres ... Ce qui n'est pas des plus aisé pour diriger 300 chèvres ... Et pour revenir ici à mes quarante amis ... UN SEUL ME RÉPONDIT : Patrick Galliène et, qui plus est, DANS L'HEURE !!! Ah ! Le baume sur le coeur ! Le réconfort : MERCI PATRICK ! Je précise tout de suite ici que j'ai d'autres AMIS, des vrais, mais, comme ils n'habitent pas sur Aix ... J'avais cru bon pouvoir ne pas les déranger de si loin ... Patrick et sa jeune femme Marlène ont donc accouru, en fin de journée, pour me régaler d'une succulente "sucrade" de fruits, merci à toi Marlène ! Malheureusement, depuis, mes vilains chiens Kangal les gênent pour circuler sur le plateau avec leurs propres chiens ... On se voit moins qu'avant, mais le geste qu'a eu ce jour-là ce chef d'entreprise pour le modeste berger que je suis, je dois dire que je ne l'oublierai pas de si tôt. Mais si j'ai mis en avant Patrick, c'est que sur ce coup-là, 39 autres personnes n'ont jamais réagi : et pourtant, je suis persuadé que ce sont toutes et tous des gens de bien ... Pour ce qui est de moi, je ne puis me permettre de juger quiconque. Mieux, je m'efforce d'être, toujours, le plus généreux que possible ! Or, dans le cas de Mlle L., j'ai mis du temps à le comprendre, il y a des individus qui savent volontiers prendre quand on leur offre ; tels les babouins dominants que je cite précédemment, sur ce blog, eux ne savent non seulement jamais "rendre": ils ne savent tout simplement pas donner ! Notre société moderne se meurt de ce que, contrairement à ce qu'a enseigné Henri Bergson, elle s'englue dans tout un fratras de confort, de plus en plus sophistiqué : or, il y a toujours "mieux", en matière de confort, du toujours plus performant ... Qu'il nous "faut" coûte que coûte acquérir ! Et cette quête-là nous mobilise, au point de nous hypnotiser ... Nous devenons les proies inertes d'un cocon, certes si douillet, dans lequel nous nous pelotonnons nous-mêmes ... Malheur à ceux qui ne sauront pas y voir clair et se libérer du cocon en question, en apprenant à partager de leur temps, comme de leurs richesses ! Malheur, également, à "celles"... Car, moi qui vous accueille invariablement sans jamais rien vous faire payer, puisque c'est contre mes principes, je ne suis pour autant pas du tout dupe de tout le cinéma de certains ... Qui viennent passer ici une semaine entière à parler, parler, parler et encore parler ... Mais qui ne sont pas foutus de donner un solide coup de main chaque jour, parce que le boulot ne manque pas, avec toutes les bêtes dont je prétends assurer l'entretien ... Et je ne suis pas dupe, car si je ne dis rien, je ne vous observe pas moins et moi, je vous trompe, parce que je vous donne et je vous donne encore et encore : ainsi, le jour où je prendrai ma décision, elle sera sans retour. Taureau, je suis, certes, très lent à prendre mes décisions, mais c'est parce que je suis alors certain et même sûr ! Eh bien, ce jour-là, voyez-vous, mes amis, c'est vous qui serez les grands perdants, car vous m'aurez perdu ; perdu, définitivement. Je ne vous connaîtrai plus. Parole de Flèche Brûlée, en ce 26 du mois d'août 2010.
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